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Les Serbes de Bosnie ont six mois pour reconnaître la vérité

La lancinante question des criminels de guerre

mercredi 22 octobre 2003


Le Bureau du Haut Représentant estime que le récent rapport du gouvernement de la Republika srpska sur les événements de Srebrenica en juillet 1995 est "pratiquement identique au premier, lequel était honteusement vide".

"Le rapport provisionnel était honteusement vide. Je note cependant ici un certain changement de ton mais aucun au niveau du contenu", aurait déclaré ces jours-ci le Haut représentant Paddy Ashdown à l’agence ONASA. Il semble qu’il ait été reconnu que de nombreux crimes ont été commis à Srebrenica et qu’il faudrait permettre aux familles d’apprendre ce qui est arrivé à leurs proches et où ils ont été enterrés. "Les auteurs du nouveau rapport reconnaissent pour la première fois les souffrances des familles et leur expriment leur sympathie", a ajouté Ashdown. Evoquant les lacunes évidentes qui caractérisent ce rapport, Ashdown a tenu à souligner que l’armée, le ministère de l’intérieur et les services secrets de la RS faisaient obstruction et refusaient de soumettre les informations nécessaires, ce qu’il estime inadmissible. "Révéler la vérité sur Srebrenica est comme arracher une mauvaise dent, c’est quelque chose qu’il faut faire".

Ashdown a salué le fait que la RS ait accepté de former et financer une commission indépendante chargée de remettre au gouvernement un exposé sur ce qui s’est passé à Srebrenica entre les 10 et 19 juillet 1995. Il a souligné qu’il devrait y avoir, dans cette commission, des membres de la communauté internationale, du Tribunal pénal de La Haye et quelques rares survivants de Srebrenica.

Ashdown a également déclaré que le président de la Republika Srpska, Dragan Covic, devrait créer lui-même cette Commission et en assumer la responsabilité. "Le ministère de l’intérieur, l’armée et les services secrets de la RS ont l’obligation morale, politique et juridique de coopérer pleinement et sans conditions avec cette Commission. Les institutions et politiciens qui les dirigent seront considérés responsables et devront répondre devant la loi au cas où ils refuseraient de coopérer".

Le Haut représentant estime par ailleurs que le délai de neuf mois requis par les autorités de la RS est trop long."Je pense que la commission peut très bien terminer ses travaux en six mois", a ajouté Ashdown, précisant que celle-ci sera tenue de présenter des rapports mensuels au président de la RS, à la Chambre des droits de l’homme de B-H, à la Cour constitutionnelle de B-H et peut-être aussi au Procureur général de l’Etat."La formation de cette commission est la bonne façon de s’attaquer à cette tâche et l’on y trouvera des représentants de la communauté internationale, du Tribunal de La Haye et des familles des victimes. C’est la Chambre des droits de l’homme de B-H qui en a décidé ainsi, et non le Haut représentant", a tenu à préciser Ashdown."Cette décision a été prise par la Chambre des droits de l’homme et non par moi-même, mais c’est une décision que j’approuve entièrement. C’est la bonne façon de mettre un point final à cette affaire. Cela devrait aboutir à une décision légale, un verdict de la Chambre des droits de l’homme".

Ashdown a aussi souligné qu’il était prêt à prêter main forte à Cavic, si celui-ci veillait à ce que la commission travaille dans la transparence, avec efficacité et dans l’esprit de la loi." Si la RS ne remplit pas ses engagements d’ici six mois, la Chambre des droits de l’Homme décidera des mesures à prendre. Si cette Chambre estime que les règles de la loi ont été violées, je déciderai pour ma part de ce qu’il conviendra de faire".

On peut signaler qu’au moment où le Haut-Représentant prend ces bonnes résolutions, le Premier ministre du gouvernement de Belgrade, par ailleurs menacé de tomber, refuse de recevoir l’acte d’accusation du TPI contre quatre généraux supposés coupables de crimes contre l’humanité commis au Kosovo, dont Nebojsa Pavkovic, ancien chef d’état-major de l’armée serbe et Sreten Lukic, actuel chef du Département de la sécurité publique du Ministère de l’Intérieur.

Il est à noter, dans le même registre, qu’il s’est trouvé une majorité au Parlement croate pour voter une obligation légale d’assistance judiciaire à tous les militaires croates poursuivis par le Tribunal de La Haye, y compris ceux qui sont en fuite, ce qui a provoqué la démission de Goran Granic, ministre chargé des relations avec le TPI. Cette question figurera certainement parmi les principaux thèmes de la campagne qui s’ouvre, en Croatie, en vue des élections législatives du 23 novembre, dans un contexte difficile pour le gouvernement.

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