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MIRKO SAROVIC, PRESIDENT DE LA PRESIDENCE TRIPARTITE DE BOSNIE-HERZEGOVINE CONTRAINT A DEMISSIONNER

vendredi 4 avril 2003

MIRKO SAROVIC, PRESIDENT DE LA PRESIDENCE TRIPARTITE DE BOSNIE-HERZEGOVINE A DÛ DEMISSIONNER SUITE A UNE AFFAIRE DE TRAFIC D’ARMES AU PROFIT DE l’IRAK

Le Conseil pour la mise en œuvre des accords de Dayton est parvenue à la conclusion, à la fin du mois dernier, que le Président de la présidence tripartite de B-H, Mirko Sarovic, était le principal responsable politique pour l’affaire "Orao". Il s’agit de la vente d’armes et de pièces de rechange à l’Irak, ceci en violation directe de l’embargo décrété par les Nations unies. L’affaire a été découverte en octobre 2002, alors que ce trafic durait depuis déjà deux ans. A cette époque Mirko Sarovic était président de la Republika Srpska, seconde entité de la B-H, et aucun accord se rapportant au commerce des armes ne pouvait être signé sans son aval. Il faut ajouter que ce trafic se faisait par l’intermédiaire de la firme "Yugoimport" de Belgrade et donc que le régime de Belgrade était parfaitement au courant de ces événements.

Dans un premier temps, le gouvernement de la RS, dirigé par les ultranationalistes serbes, s’était contenté de renvoyer son ministre de la défense, ainsi que le chef de l’Etat major et les dirigeants de l’usine "Orao" (située aux alentours de Sarajevo avant la guerre, plus tard démontée par l’armée de Karadzic pendant la guerre et "remontée" à Bijeljina, en RS). La communauté internationale n’étant pas satisfaite, le gouvernement de la RS a présenté un nouveau rapport, niant toute responsabilité. La communauté internationale a alors procédé à sa propre enquête, surnommée Tigre, et a abouti à la conclusion que Mirko Sarovic était le premier responsable. Le Conseil pour la mise on œuvre des accords de Dayton a laissé à Paddy Ashdown le soin de régler le sort de Sarovic, soit en le forçant à démissionner, soit en le destituant. Sarovic a choisi lui-même la première solution. Il faut souligner que Paddy Ashdown ne pouvait pas ne pas avoir eu vent de l’affaire dès le mois d’octobre dernier, au moment des élections générales qui ont porté Sarovic à la présidence de l’Etat de Bosnie ; ceci avec l’approbation expresse du Haut représentant, qui a alors soutenu que les partis nationalistes, revenus au pouvoir, étaient capables de mener à bien les réformes de la société en B-H.

Mais, cette fois-ci le Haut représentant s’est vu contraint de prendre aussi d’autres mesures. Il a annoncé la dissolution du Conseil de Défense de la RS, les services de renseignement militaires étant désormais soumis au contrôle direct de la SFOR. Mais plus importante encore est la décision d’enlever de la constitution de RS les termes "Etat, indépendance et souveraineté", ce qui devrait permettre, dans un proche avenir peut-être, de réintégrer la RS à l’Etat de Bosnie-Herzégovine, ce que les hommes politiques de la RS ont toujours refusé, espérant que le soutien du régime de Belgrade leur serait toujours assuré, quelque puisse être la nouvelle situation en Serbie. Enfin, Ashdown a nommé une commission chargée d’instaurer, d’ici la fin de l’année, un contrôle civil sur l’armée de la RS ; il préconise un seul organisme, capable de contrôler l’armée tant de la RS que de la Fédération de B-H, seconde entité du pays. Il faut ajouter que l’enquête "Tigre" a permis de découvrir également que les services de l’armée de la RS avaient systématiquement espionné la SFOR, l’OTAN, la Fédération de B-H et la Croatie. On pense que cet espionnage était supervisé par Belgrade.

Commentant les décisions du Haut Représentant, le quotidien Oslobodjenje écrit que P.Ashdown "est tombé sur un nid de guêpes - sur les constitutions des entités qui bloquent tout développement en B-H…C’est là un premier pas en avant…il ne faut surtout pas s’arrêter. Le chemin est long, mais on aperçoit déjà le chemin qui nous mènera vers un nouvel avenir". Ce même quotidien écrit par ailleurs que Sarovic "a fait du tort à tout le monde, à la RS avant tout. Sa population pensait avoir choisi le meilleur… le meilleur des séides de Radovan Karadzic".

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