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L’avenir européen de la Bosnie-Herzégovine et de la Serbie

samedi 6 mai 2006


La Commission européenne ne pouvait indéfiniment reporter le délai fixé à la Serbie pour qu’elle arrête et livre au TPI Ratko Mladic. Elle a donc suspendu les négociations menées avec Belgrade en vue de la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association avec l’UE.

Cette décision a provoqué la démission du vice-premier ministre du gouvernement de Belgrade, Miroljub Labus, principal responsable de cette négociation du côté serbe et très conscient de ses conséquences pour l’économie de la Serbie, notamment en termes de crédits européens et américains.

Le Premier Ministre de Serbie, Vojislav Kostunica a lancé un appel à Mladic, pour qu’au nom du sentiment du devoir dont ont toujours témoigné, selon lui, les officiers serbes sous tous les régimes, il se rende. Les autorités de Belgrade assurent qu’elles font tout pour appréhender le fugitif, maintenant isolé, sa localisation ne relevant que de considérations « techniques ».

Le Président de la RS, Dragan Cavic, a observé que la Bosnie-Herzégovine risquait de connaître la même difficulté avec la non-arrestation de Radovan Karadzic. Mais outre la coopération insuffisante avec le TPI, la BH se trouve, à l’égard de son intégration à l’Union européenne, dans une situation bien plus complexe que la Serbie, du fait de son incapacité à apparaître comme une entité étatique efficiente.

L’exemple le plus actuel de la paralysie qui l’empêche de se doter d’institutions viables est celui de la réforme de la police, l’une des conditions posées par l’UE à la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association, bloquée par le refus persistant des autorités de la RS de se conformer à l’accord qui semblait avoir été obtenu il y a plusieurs mois. Le gouvernement de Banja-Luka refuse en fait de se dessaisir du contrôle de « sa » police, ce qui est contraire à la lettre et à l’esprit de l’accord et aux principes formulés en la matière par l’UE. La réforme non achevée de l’audio-visuel public, celle particulièrement importante de l’enseignement supérieur, figurent aussi au catalogue des réformes exigées par l’UE,

L’échec de la réforme constitutionnelle, présentée par les autorités internationales comme un test de l’aptitude des dirigeants politiques bosniens à s’entendre sur des formules consensuelles, est venu, à point nommé, donner des arguments aux réticences européennes envers le processus d’adhésion de la Bosnie à l’UE., l’élargissement de celle-ci devenant par ailleurs de plus en plus aléatoire.

Les vœux de la « Communauté internationale », et de son Haut-Représentant, Christian Schwarz-Schilling, qui se veut d’abord celui de l’Union européenne, se reportent maintenant sur une issue « heureuse » des élections générales fixées au 1° octobre, qui renouvelleront toutes les instances représentatives bosniennes, au niveau de l’Etat, des entités et des cantons de la Fédération. On peut penser que l’espoir des intervenants internationaux est qu’en RS, le SNSD (sociaux-démocrates) de Milorad Dodik confirme sa suprématie, mais qu’il modère ensuite son « serbisme » exacerbé par l’approche de la campagne électorale, pour être en mesure de passer de véritables compromis avec le SDA et le SDP, à supposer que ceux-ci l’emportent sur Haris Silajdzic, revenu sur la scène politique et dénoncé par ses adversaires et nombre d’observateurs, comme l’artisan du rejet de la réforme constitutionnelle, conçu comme une manœuvre démagogique purement personnelle.

Rien n’indique cependant que ce scénario se réalisera, tant l’avenir de toute la région demeure incertain.

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