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Turbulences

dimanche 28 mai 2006


Sur le fond de crise permanente qui affecte le pays tout entier, la scène politique de Bosnie-Herzégovine vient de connaître une nouvelle turbulence.

Il s’agit cette fois du retrait des députés bosno-serbes des séances de la Chambre des représentants, au motif que le Président du gouvernement central de BH, Adnan Terzic, refusait la constitution d’une commission sur les souffrances des habitants de Sarajevo pendant le siège de la ville. La Chambre des représentants avait décidé la formation d’une telle commission, en janvier 2004, à la suite de la demande des représentant de la RS, qui visait plus précisément les persécutions dont été victimes les Serbes de la capitale. L’évaluation des morts et disparitions de Serbes, liés à ces actes criminels va d’environ 500 à 600 cas, chiffre avancé par par le Comité Helsinki des droits de l’homme de BH, à 5000 à 7000 selon des estimations émanant de milieux de la RS.

Adnan Terzic a, dans un premier temps, refusé la mise en place de cette commission, considérant qu’il ne fallait pas faire un sort particulier à Sarajevo, mais porter les investigations sur l’ensemble de la Bosnie-Herzégovine. Cette position n’a pas seulement été critiquée par les formations politiques, associations et médias de RS mais par des associations et des organes de presse de la Fédération, comme le Comité Helsinki et des journaux , pour ne citer qu’« Oslobodjenje » ou « Dani », qui ne voient que de l’intérêt à ce que la vérité soit faite, les nationalistes serbes n’hésitant pas à établir une équivalence entre le massacre de Srebrenica et les exactions, parfois meurtrières, commises contre des Serbes pendant une période du siège.

Le Premier ministre est finalement revenu sur son refus, pour ne pas donner, a-t-il dit, un prétexte à ceux qui veulent bloquer les travaux du Parlement et les réformes qui s’imposent. Le Conseil des ministres de BH a donc décidé de constituer une commission de 10 membres, composée de 3 représentants de chacun des 3 peuples constitutifs, plus 1 représentant les « autres », qui devrait rendre son rapport dans un délai d’un an. Cette commission aura pour mission selon Adnan Terzic, d’enquêter sur « les crimes individuels et de masse, les fosses communes, les arrestations individuelles et de masse, les camps, les prisons, les viols et abus sexuels, les déportations, les expulsions, les réfugiés et les disparitions » intervenus entre 1992 et 1995, dans les dix municipalités de Sarajevo. Elle concernera donc l’ensemble de la population de la capitale.

Le Haut-Représentant a salué la décision du Conseil des ministres, exprimé le souhait que la Commission soit rapidement mise en place et que les travaux parlementaires puissent désormais se dérouler sans entrave.

Christian Schwarz-Schilling s’était auparavant et pour la première fois, le 24 mai, adressé personnellement aux parlementaires bosniens, leur demandant de mettre à profit les cent jours restant avant les élections d’octobre pour montrer aux électeurs et à la Communauté internationale le sérieux de leur engagement pour améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens et avancer sur la voie de l’intégration de la BH aux structures euro-atlantiques. Il leur a rappelé que la non application de la réforme de la police et de l’audiovisuel public stopperait le processus d’adhésion à l’Union européenne et énuméré toutes les lois dont le vote lui paraissait nécessaire, plaçant au premier rang celles cocernant l’éducation et tout particulièrement l’enseignement supérieur. Il a assuré qu’il comptait aider les politiques bosniens à réaliser les réformes constitutionnelles et manifesté sa volonté d’user de tous ses pouvoirs en cas de menace à la paix et à la stabilité ou de non coopération évidente avec le TPI.

Dans un communiqué postérieur, du 26 mai, le Haut-Représentant s’en est pris directement aux autorités de la RS en raison de l’obstruction persistante qu’elles mènent à la réforme de la police, qui met en jeu leur responsabilité quant à l’avenir des négociations sur la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association avec l’Union européenne. Le même jour, son principal adjoint, l’ambassadeur Lawrence Butler demandait des éclaircissements au Premier ministre de la RS, Milorad Dodik, sur des propos qu’il aurait tenus au sujet de nouveaux référendums dans la région. Il lui a déclaré qu’il ne saurait y avoir de lien entre le Monténégro et la BH : « La Bosnie-Herzégovine est un Etat souverain internationalement reconnu. Je ne vois aucune relation entre ce qui se passe ici et d’autres événements survenus dans la région ».

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