Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

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Faïk Dizdarevic

mardi 20 décembre 2011


Faik Dizdarevic, secrétaire général de l’Association Sarajevo, s’est éteint le 19 décembre, à 82 ans, entouré de ses proches, à Lyon où il s’était retiré après le grave accident vasculaire cérébral qui l’avait frappé.

Après la mort de sa fille Mirjana en mars 1994, perte qui l’a profondément et durablement meurtri, puis celle de Mauricette Begic, Francis Jeanson et Jean-René Chauvin, c’est presque toute l’équipe à l’origine de la fondation de l’Association Sarajevo qui est maintenant disparue.

Les nombreux messages de condoléances reçus par l’Association Sarajevo traduisent le sentiment de perte ressenti par nombre de ceux qui ont participé, souvent à la suite d’une rencontre avec Faik, à l’action pour tenter d’arrêter l’agression contre la Bosnie-Herzégovine et alerter l’opinion sur les risques d’un laisser faire de l’Europe face aux déchaînements d’un nationalisme ethnique dont on voit les conséquences.

Membre d’une nombreuse famille engagée dans la résistance des partisans -lui-même a été blessé à la jambe par un obus- il s’est engagé dans une carrière de journaliste puis de diplomate après avoir été étudiant à Paris où il a rencontré celle qui allait devenir son épouse, Nicole Philip, fille d’André Philip, l’important dirigeant et résistant socialiste des années 30 aux années 60, le beau-père et le gendre partageant le même anti-nationalisme de principe.

Journaliste, il l’a été en Egypte, notamment au moment de l’affaire de Suez, en 1956 ; diplomate, il a été ambassadeur à Téhéran juste après la révolution qui a porté Khomeiny au pouvoir, puis, de 1980 à 1984, à Alger. Ces diverses activités et missions en ont fait un excellent connaisseur du monde arabe et islamique. Nommé ambassadeur à Madrid en avril 1989, il a défendu autant que possible les intérêts d’une Yougoslavie fédérale à laquelle il était profondément attaché, mais sa loyauté n’a pu résister à l’action destructrice du régime de Milosevic contre la Yougoslavie et sa Bosnie-Herzégovine natale. Il a dû s’installer à Paris.

Et c’est à Paris, avec le concours nécessaire de sa fille Mirjana, de sa famille et d’amis proches, qu’il a décidé de participer au soutien de la résistance bosnienne en créant, à l’été 1992, l’Association Sarajevo, présidée par Francis Jeanson et ouverte à tous ceux, Bosniens de toutes origines, Yougoslaves de toutes nationalités, Français et autres, qui voulaient exprimer leur solidarité de la cause d’une Bosnie-Herzégovine unie, démocratique et plurielle et précisément attaquée pour cela. Faik Dizdarevic, avec Mirjana, puis malheureusement sans elle, a beaucoup oeuvré pour tenter de faire comprendre à toutes sortes de personnes et de groupes ce qui se jouait dans cette partie de l’Europe oubliée, dans un conflit sanglant prétendument incompréhensible. Il a réussi, de sorte que l’Association Sarajevo a pu s’intégrer à un mouvement plus large, de citoyens et de personnalités, qui s’ est fortement fait entendre au cours de la guerre, mais bien insuffisamment pour peser réellement sur le cours des évènements. Les autorités françaises et européennes sont restées sourdes aux appels de ce qu’elles considéraient n’être que de « belles âmes » rêvant en dehors des réalités.

Faik Dizdarevic, comme beaucoup de ses concitoyens, ne s’est jamais remis de la destruction de tout ce qui lui était cher et la tristesse exprimée à l’occasion de sa mort est aussi la tristesse à l’égard ce qu’il a représenté.

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