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Les Etats-Unis et la Bosnie-Herzégovine

jeudi 14 mai 2009


La Chambre des Représentants du Congrès des Etat-Unis vient d’adopter une résolution sur la Bosnie-Herzégovine. Elle souligne que le pays a le besoin urgent d’une réforme constitutionnelle pour créer un Etat efficient, capable de remplir ses obligations nationales et internationales, particulièrement au regard de son intégration à l’Union européenne et à l’OTAN. Elle demande que les Etats-Unis désignent un envoyé spécial pour les Balkans qui coopérerait avec l’Union européenne et les dirigeants bosniens en vue d’accélérer les réformes nécessaires à tous les niveaux de l’Etat de BH et aider aux progrès de l’ensemble des pays de la région.

Le Parlement européen avait lui aussi insisté, par le vote d’une résolution en date du 24 avril, sur l’urgence d’instaurer en BH un véritable pouvoir de gouverner, mais cet avis n’a apparemment guère eu jusqu’à présent d’influence sur les dirigeants européens. La résolution de la Chambre des Représentants, précédant de peu la tournée balkanique du vice-président Joe Biden, qui doit visiter à partir du 18 juin Sarajevo, Belgrade et Pristina, indiquerait au contraire, selon de nombreux observateurs, que la nouvelle administration américaine a décidé de se réengager dans la région, et tout particulièrement en Bosnie-Herzégovine.

Alors qu’on répète sur tous les tons à Banja Luka, que la Communauté internationale n’a pas à se mêler des affaires intérieures de la BH et que les accords de Dayton sont intouchables, les médias et la classe politique de la Fédération se félicitent du virage que paraît prendre la diplomatie américaine, en contraste avec l’irrésolution de l’UE.

Dans la séance d’admonestations qu’il a administrées à l’ensemble des parlementaires bosniens, le Haut-Représentant Valentin Inzko, leur a reproché leur incapacité à procéder aux réformes nécessaires, et d’abord celles concernant la libéralisation du régime des visas qui intéresse le plus directement les citoyens bosniens. Il l’a fait sans nommer personne, mais Milorad Dodik a réagi à ces critiques comme s’il avait été le premier visé, en ripostant que s’il était favorable à la libéralisation des visas, il ne pouvait accepter quelle se fasse au détriment des compétences de son entité.

Il vient par ailleurs de clairement outrepasser ses propres compétences en demandant aux soldats serbes de l’armée de BH de ne pas participer aux manœuvres de l’OTAN en Géorgie, alors que la décision de le faire avait été régulièrement prise par les autorités bosniennes, en accord avec leurs représentants serbes. Le membre de la Présidence Zeljko Komsic a demandé au Haut-Représentant d’user de ses pouvoirs de Bonn pour destituer Milorad Dodik, son appel allant cette fois plus loin que ses habituelles incartades verbales. Valentin Inzko en a jugé autrement.

Le renforcement, ou plutôt l’établissement d’un véritable pouvoir central en BH, qui passe forcément par une refondation constitutionnelle, apparaît de plus en plus comme une tâche préliminaire que les responsables bosniens ne peuvent accomplir sans l’aide et le concours de la "Communauté internationale", contrainte d’admettre que les institutions de Dayton qu’elle a imposées ont fait faillite. Mais cette évidence doit encore être reconnue par tous, ce qui n’est pas le cas, et ensuite, entraîner les décisions nécessaires, ce qui ne sera pas aisé.

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