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Rapport final de la la commission sur Srebrenica

lundi 18 octobre 2004


La commission pour Srebrenica, dont la création a été imposée au gouvernement de la Republika Srpska par le Haut-Représentant Paddy Ashdown, vient de clore ses travaux, après neuf mois d’investigations menées par ses sept membres (cinq juristes bosno-serbes, un représentant des familles des victimes et un expert international). Le rapport qu’elle a établi, mais qui n’est pas encore publié, sera soumis à l’examen du gouvernement de l’entité, puis à celui du Tribunal constitutionnel de B.-H. Après la confirmation de la réalité des massacres et de la responsabilité encourue par les autorités de la R.S., déjà reconnues dans le rapport préliminaire de juin dernier, ce rapport final indique, d’après les informations données par le vice-président de la commission, Smail Cekic, le nombre des victimes recensées et leur identité,ainsi que la localisation de 34 charniers. Selon le quotidien « Oslobodjenje », il contiendrait aussi une liste de noms d’auteurs directs ou indirects du massacre.

Le nombre d’environ 7.000 tués et disparus lors du massacre de juillet 1995, est inférieur à celui de 8000, généralement avancé, mais Smail Cekic explique que la question reste ouverte, en raison des divergences de sources, ajoutant que la liste établie ne doit pas être considérée comme définitive. Pour le vice-président de la commission, le rapport est d’une importance historique " pour les recherches sur les crimes de guerre en général et pour l’avenir des peuples de la région en particulier".

Les représentants de l’association "Mouvement des mères des enclaves Srebrenica et Zepa" ont demandé la publication des noms de ceux qui ont pris part au massacre, soulignant que ces gens sont connus. Le Haut-Représentant a rejeté cette demande, sous le prétexte que le TPI délivrera de nouveaux actes d’accusation après la publication du rapport, qui ne devrait pas mentionner les noms des auteurs du massacre.

La commission pour Srebrenica vient donc de cesser d’exister. Son rapport, établi en dépit de beaucoup d’obstacles et d’obstructions, confirme l’opinion avancée depuis longtemps,que tout le sommet politique, militaire et administratif de la Republika srpska a été impliqué dans les crimes commis à Srebrenica. C’est ce qui explique sans doute que les autorités de l’entité, malgré les multiples déclarations de leur volonté de collaborer avec le TPI, n’aient jusqu’ici arrêté aucun inculpé poursuivi par le Tribunal de la Haye.

On observera, dans ces circonstances, avec intérêt, la comparution à La Haye du colonel Ljubisa Beara, directement accusé par le TPI pour sa responsabilité dans le massacre, alors qu’il était le chef des services de sécurité de l’armée serbe de Bosnie. Il est arrivé de Serbie, où il résidait, dans des conditions peu claires, à la suite d’une arrestation, selon le TPI, ou d’une reddition volontaire, selon les autorités de Belgrade. Il s’agirait vraisemblablement d’une reddition forcée, le gouvernement serbe, comme celui de la RS, louvoyant comme ils le peuvent, entre leur refus de coopérer avec le Tribunal international et la nécessité, où ils se trouvent, de paraître le faire.

L’appel "patriotique" pour qu’ils suivent son exemple, que Beara, dès son arrivée aux Pays-Bas, a lancé à ses camarades plus illustres, entre dans ce contexte. Il est douteux qu’il suffise à interrompre leur cavale très, ou à peine, protégée.

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