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Milorad Dodik à Belgrade

dimanche 19 novembre 2006


Milorad Dodik a été renouvelé dans ses fonctions de Premier ministre du gouvernement de la RS par le Président de celle-ci, Milan Jelic.Le leader du SNSD (sociaux-démocrates indépendants) formation dominante dans l’entité serbe, a préféré conserver les rênes de l’entité serbe plutôt que de postuler la direction du gouvernement central de BH à Sarajevo, cité qu’il dénomme souvent "Téhéran".

Il s’est rendu une nouvelle fois à Belgrade où il s’est entretenu avec le chef du gouvernement serbe, Vojislav Kostunica, le Président de la République de Serbie, Boris Tadic, n’ayant pu le recevoir pour raisons de santé. Les dirigeants de Belgrade et de Banja Luka ont réaffirmé vouloir oeuvrer pour la Bosnie-Herzégovine dans le cadre des accords de Dayton et ont mis en parallèle leur interprétation commune de la résolution 1244 du Conseil de Sécurité comme devant maintenir le Kosovo comme partie intégrante de la Serbie.

Interrogé sur ses déclarations relatives à la tenue d’ un référendum en RS, Milorad Dodik a répondu qu’il en existait plus d’un, puisqu’à après celui sur la séparation de l’entité serbe de la BH, il a récemment envisagé d’en proposer un autre , sur la réforme de la police, qu’il présente comme une question de "to be or not to be" pour la RS.

Il semble que les autorité européennes soient sensibles à ces chantages renouvelés et se montrent disposées à y céder, en s’éloignant nettement de leurs exigences initiales quant au rôle central de l’Etat dans le financement, l’organisation et le contrôle de la police de BH. C’est ce dont s’inquiète, entra autres, le quotidien de Sarajevo "Oslobodjenje".

Cette tendance à donner des gages de bonne volonté aux dirigeants serbes se retrouve dans la teneur et la tonalité des rapports de la Commission européenne sur l’élargissement, du 8 novembre. En forçant quelque peu le trait, les experts de Bruxelles paraissent dire que s’il ne demeurait le problème de l’arrestation de Mladic, tout irait presque bien du côté de Belgrade et que si on parvenait à une solution acceptable de la réforme de la police, il n’y aurait pas grand chose à reprocher à Banja Luka.

Il y a là une volonté non dissimulée de ménager les sentiments supposés des électeurs avant les élections législatives qui doivent se dérouler en janvier en Serbie, dans l’espoir qu’il en sorte une majorité "modérée" qui finira par accepter la décision internationale sur le statut du Kosovo, autrement dit une forme quelconque d’indépendance. L’inconvénient de cette attitude des autorités européennes est qu’elle justifie les positions de "résistance" des dirigeants serbes et affaiblit les forces réellement proeuropéennes qui existent dans le pays et appellent à une rupture totale avec l’orientation qui a été celle de Milosevic et de ses successeurs, à l’exception de Zoran Djindjic, pour cela assassiné.

En Bosnie-Herzégovine, cette politique se traduit, avec l’ acceptation du blocage institutionnalisé du système politique, par l’impossibilité de procéder aux réformes exigées par Bruxelles avec autant de répétition que d’inefficacité. Un gouvernement central finira certes par être formé- les discussions sont engagées en ce sens entre tous les partis, y compris les plus irréconciliables- mais avec des "partenaires" qui déclarent n’avoir rien en commun. Ce sera donc pour ne rien faire, c’est-à-dire enfoncer de plus en plus le pays dans un statu-quo destructeur.

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