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Lajcak et la réforme de la police

vendredi 7 septembre 2007


Le Haut-Représentant Miroslav Lajcak a prononcé, le 6 septembre, un discours devant le Parlement de Bosnie-Herzégovine pour avertir les dirigeants bosniens qu’ils se trouvaient désormais devant le choix de l’isolement ou de l’intégration de la BH à l’Union européenne. Ses propos concernaient l’ensemble des blocages et des conflits qui empêchent le pays d’avancer, mais plus particulièrement la réforme de la police qui constitue l’exigence immédiate posée par Bruxelles à la signature de l’Accord de stabilisation et d’association, point clé du départ du processus d’intégration.

Cette mise en demeure est intervenue après que ses propositions de compromis, communiquées à tous les responsables politiques du pays, aient été rejetées, avant même d’être discutées, d’abord par l’ensemble des partis nationalistes bosniaques, puis par les partis serbes. Elles paraissent inacceptables aux premiers, car elles maintiendraient, selon eux, les structures et compétences actuelles de l’organisation de la police, qui correspondent aux entités. Pour les seconds, elle porteraient atteinte à l’existence de la police de la RS, ce qu’ils refusent catégoriquement.

Le Haut-Commissaire estime quant à lui, qu’il a respecté les trois principes fixés par l’Union européenne et acceptés en octobre 2005 par les dirigeants bosniens : le financement et la gestion centrale de la police , la non interférence du facteur politique dans les affaires de police et le découpage fonctionnel des circonscriptions policières. Pour l’instant seuls les deux principaux partis croates et le SDP, écarté de tous les échelons du pouvoir, acceptent le projet du Haut-Commissaire comme base de discussion. Les deux partis séparés du HDZ voient d’un bon oeil le renforcement des pouvoirs de police des cantons, dont ils dirigent certains, tandis que le SDP conteste surtout le caractère fonctionnel des délimitations territoriales proposées. qui suivent celles des entités et des cantons.( Seule serait prévue une exception pour Srebrenica, qui dépendrait de la police centrale de l’Etat)

Miroslav Lajcak a insisté sur le fait que la réforme de la police ne devait pas être liée aux autres problèmes non résolus de la BH, par exemple ceux de la poursuite des criminels de guerre ou de la réforme constitutionnelle. Dans la ligne de la politique de la Communauté internationale et de l’Union européenne, il s’interdit de toucher à l’architecture institutionnelle des accords de Dayton fondée sur l’existence de deux entités au sein de l’Etat de BH, toute modification devant résulter d’un accord entre les parties concernées, c’est-à-dire impossible à réaliser.

Mais il est évident que derrière la réforme de la police se profile la question essentielle, posée depuis l’éclatement de la Yougoslavie, de l’avenir de la Bosnie-Herzégovine, relancée avec acuité depuis que Milorad Dodik, en accord et en harmonie avec la direction de Belgrade, a fait de la sécession de la RS une carte du jeu plus large du nationalisme serbe dans toute la région, particulièrement à l’égard du Kosovo. Pour les dirigeants de la RS, la police ne relève pas que du symbole de leur autorité, elle est leur instrument de force pour affronter, le cas échéant, l’épreuve du détachement de la Bosnie-Herzégovine. En se mettant d’accord avec les partis croates qui demandent la fédéralisation du pays en trois unités, ils accentuent leur pression pour un démantèlement du pays, dans la ligne de l’accord esquissé en son temps, dès mars 1991 à Karadjordjevo, par Milosevic et Tudjman.

Cette situation explique que la stratégie prônée et mise en oeuvre par le membre bosniaque de la Présidence et dirigeant du SBIH Haris Silajdzic de durcissement des positions en campant sur des principes justes, mais inapplicables en raison de l’opposition de la Communauté internationale, suscite des réticences ou de vives critiques dans la Fédération, jusqu’au au sein du bloc nationaliste bosniaque. La vieille garde des partisans d’une Bosnie-Herzégovine unie, plurielle et démocratique, qui se retrouve au "Cercle 99", demande pour sa part que le Haut-Représentant impose la réforme, au besoin en destituant tous les dirigeants qui ne l’accepteraient pas. Pour eux, l’intégration européenne est un impératif, comme seule voie possible de sortie de l’impasse dans laquelle est enfermée la BH. et seul espoir de résoudre progressivement tous les autres et nombreux problèmes qui accablent le pays. Fuite en avant ou vue réaliste des choses, dans l’impossibilité d’obtenir un consensus que le poids du passé, le choc des intérêts et le contexte régional rendent illusoire, c’est à l’Union européenne de décider si elle veut que la BH aille de l’avant ou si elle préfère s’en tenir, comme elle l’a fait jusqu’à présent, à un statu quo de plus en plus destructeur.

Association Sarajevo

1 Message

  • Lajcak et la réforme de la police

    16 janvier 2008 11:15, par Bosanac
    Il faut poser un ultimatum sur la réforme de la police aux dirigeants de la RS,s’ils ne le respectent pas Lajcak devra destituer tous les dirigeants de la RS !!!!!

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