Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Informations > sur la B.H. > Le Conseil de l’Europe et la Bosnie-Herzégovine

Le Conseil de l’Europe et la Bosnie-Herzégovine

mercredi 16 mars 2005


Après la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen qui s’est prononcée le 17 février en faveur d’une révision de la constitution de la Bosnie-Herzégovine, c’est la « Commission de Venise » du Conseil de l’Europe (composée d’experts des questions constitutionnelles), qui vient de condamner le texte de Dayton, jugé irrationnel, inefficace et non viable. Cet avis, qui considère que l’actuelle architecture institutionnelle du pays empêche tout progrès vers l’intégration européenne, sera versé au débat sur la Bosnie-Herzégovine qui doit intervenir prochainement en séance plénière de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

La Commission préconise une profonde révision, sinon un bouleversement de l’organisation et du fonctionnement des pouvoirs de manière à renforcer le rôle des organes centraux, limiter les compétences des cantons dans la Fédération, qui pourraient d’ailleurs être supprimés, simplifier les structures administratives et politiques et modifier les processus de prises de décision à tous les niveaux en réduisant les possibilités de veto ethnique. Elle préconise également une réduction progressive des pouvoirs du Haut-Représentant.

Cette prise de position autorisée s’ajoute à toutes celles qui s’affirment, en Bosnie-Herzégovine et en dehors d’elle, pour constater que la situation institutionnelle du pays le plonge dans une paralysie complète. Cette évidence ne paraît toutefois pas toucher les décideurs internationaux, en premier lieu ceux de Bruxelles, qui attendent des hommes politiques locaux en place qu’ils changent eux-mêmes les règles d’un jeu dont ils sont les uniques bénéficiaires. Le seul accord que peuvent passer entre eux les partis nationalistes qui se partagent le pouvoir est précisément celui de maintenir le statu quo avec son semblant d’unité, qui leur permet de préserver leurs avantages acquis. C’est ce que vient de confirmer la récente crise politique bosnienne, qui s’est provisoirement terminée par la formation d’un nouveau gouvernement en Republika Srpska et la reconstitution du gouvernement « central » de Sarajevo, comme si rien ne s’était passé . En attendant que resurgissent, sous peu, les problèmes non résolus, comme ceux, par exemple, de la réforme de la police et de la défense, sans compter tous les autres...

Association Sarajevo


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP