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Avant l’ouverture des négociations sur l’accord de stabilisation et d’association entre l’UE et la BH

mercredi 2 novembre 2005


L’annonce, le 21 octobre, du feu vert donné par la Commission européenne à l’ouverture de négociations d’un Accord de stabilisation et d’association avec la Bosnie-Herzégovine, a suscité un flot de commentaires, à commencer par ceux des personnalités bosniennes et internationales présentes à la conférence qui s’est tenue à la même date à Genève, à l’occasion du dixième anniversaire de la signature des accords de Dayton. De nombreuses autres rencontres marqueront cet événement, au cours desquelles seront examinés le présent et l’avenir de la B.-H.

Les témoignages de satisfaction prodigués de toutes parts à l’issue d’une période dominée par la résistance des autorités de la RS à accepter les réformes nécessaires à l’engagement du processus de l’intégration de la B.-H. à l’U.E., notamment celle de la police, ne doivent pas dissimuler les immenses difficultés qui attendent les négociateurs bosniens au long d’un parcours jalonné d’obstacles, dont le moindre n’est sans doute pas celui dont on ne parle pas, qui tient au manque d’enthousiasme des membres installés de la famille à accueillir de nouveaux partenaires.

Dans la presse bosnienne, des journaux comme « Oslobodjenije » de Sarajevo ou « Nezavisne Novine », de Banja Luka, mettent en garde leurs lecteurs contre tout excès d’optimisme. Ils voient mal, l’un et l’autre, les acteurs actuels de la scène politique bosnienne mener l’action propre à répondre aux questions que pose l’adhésion à l’U.E., divisés qu’ils sont sur leur conception même de l’Etat de Bosnie-Herzégovine.

Les principaux intervenants extérieurs accompagnent d’ailleurs leurs félicitations d’avertissements explicites. Le commissaire à l’élargissement Olli Rehn, comme le Haut-Représentant Paddy Ashdown, le représentant de l’Union européenne en B.-H. comme les ambassadeurs de Grande-Bretagne et des Etats-Unis appellent tous à une poursuite accélérée des réformes pour rendre l’Etat efficace et conforme aux normes du droit européen, la coopération effective avec le TPI demeurant une exigence impérative. Il y a là bien des motifs d’interruption du processus d’adhésion, qui devrait être engagé le 12 décembre par le Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne.

Le remodelage des institutions est devenu le morceau de choix des réformes qui s’imposent et les projets fleurissent en tous sens. Les représentants des autorités internationales proclament tous que la Bosnie-Herzégovine ne saurait entrer dans l’Union européenne avec l’actuelle constitution. Des propositions s’ébauchent et des failles s’observent dans les camps traditionnellement en présence. C’est particulièrement le cas du côté croate où s’opposent partisans d’une troisième entité et ceux d’une régionalisation avec suppression des entités. Une conférence épiscopale catholique vient de prendre position pour cette dernière solution, avec la création de quatre régions autour de Sarajevo, Banja Luka, Mostar et Tuzla. Les responsables de Zagreb se sont, en tout cas, prononcés contre l’idée d’une troisième entité.

Du côté de la RS, la tendance reste celle de la défense intransigeante du maintien de l’entité, mais il n’est pas exclu que certains accepteraient de rediscuter ses compétences.

Le discours des intervenants extérieurs est que la réforme institutionnelle est de la seule compétence des autorités locales, mais personne ne se trompe sur l’influence que pourrait exercer la « communauté internationale » et notamment Bruxelles. Devant la carence de l’Europe, certains milieux politiques bosniens en appellent de nouveau aux Etats-Unis où vient de se rendre une délégation des principaux partis politiques bosniens.

Il faut noter que Paddy Ashdown a affirmé dans une interview au journal viennois « Die Presse », que personne, dans la « Communauté internationale », ne reliait la question de la RS à celle de l’éventuelle indépendance du Kosovo, idée soutenue seulement, selon lui, par quelques révisionnistes serbes extrémistes et tenue comme dénuée de sens par le président de la RS, Dragan Cavic, lui-même. Les paroles du Haut-Représentant ont sans doute, en l’occurrence, dépassé sa pensée, quant à l’étendue des prétentions et des illusions des milieux nationalistes serbes, des deux côtés de la Drina.

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