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La société bosnienne est régie par l’indifférence et le fatalisme

Rapport du Programme de développement des Nations Unies

lundi 1er septembre 2003


La classe politique de la société bosnienne est régie par l’indifférence et le fatalisme, ce qui est dû à l’absence d’efforts concrets pour rétablir une situation normale, démocratique, et instaurer une économie de marché.

Telle est l’une des conclusions du nouveau rapport inclus dans "l’Early Warning System" du Programme de développement des Nations Unies (UNDP) pour le deuxième semestre de cette année, qui doit être publié prochainement. Les progrès sont trop lents et la pauvreté constante, situation due en grande partie à l’attitude des autorités locales.

Au niveau des cantons et des entités, les équipes dirigeantes auront bien du mal, à en juger par leurs huit mois d’(in)activité, à justifier leur existence auprès de leurs citoyens. L’adaptation du système juridique national aux lois européennes a pris beaucoup de retard, bien que la B-H soit tenue de respecter les critères de la CE. L’analyse de la situation où se trouve plongée la société n’est pas très encourageante. Les revenus stagnent, l’avenir du marché du travail paraît plutôt sombre, les réformes sont bloquées, les réfugiés ne reviennent que pour récupérer leurs biens. D’une manière générale, et selon les normes européennes, le niveau de vie de la majorité des citoyens de B-H se situe en dessous du seuil de pauvreté.

Les autorités ne font aucun effort pour stimuler l’économie du pays. Par ailleurs, les banques commerciales - qui appartiennent dans l’ensemble à des étrangers - ont placé la majorité de leurs fonds sur des comptes à l’étranger (un milliard de marks convertibles).

Le rapport salue néanmoins le fait que, selon les derniers sondages, les citoyens de B-H et, pour une fois, les ressortissants des trois peuples constitutifs, semblent avoir adopté une attitude plus positive vis-à-vis de la B-H en tant qu’Etat et que société. Mais l’on se rend compte, jour après jour, qu’aussi bien les citoyens que les dirigeants restent très éloignés de la réalité. Les tensions permanentes entre les autorités locales et internationales constituent une véritable entrave. La dépendance vis-à-vis de la communauté internationale et ses exigences empêchent tout dialogue et tout véritable effort.

Le Haut représentant doit-il être la seule force de changement en B-H ou les autorités locales et les citoyens vont-ils endosser leur part de responsabilité face aux succès - ou aux échecs - telle est la question que l’on se pose dans ce rapport.Dans leur évaluation de la stabilité politique et institutionnelle en B-H au cours de la période avril-juin 2003, les auteurs du rapport tiennent compte du fait qu’il s’agit précisément de la période d’entrée en fonction des autorités et organes nouvellement constitués, après les élections du mois d’octobre 2002. Non seulement les délais imposés pour la formation des nouveaux organes et institutions ont été dépassés à tous les niveaux, mais ce processus n’est toujours pas terminé. Particulièrement au niveau des cantons. La Chambre des peuples de la Fédération de B-H n’a pas encore été constituée conformément aux termes de la Constitution et les conditions permettant son bon fonctionnement ne sont toujours pas assurées. Par ailleurs la Chambre fédérale des représentants n’a toujours pas voté les amendements constitutionnel au nom desquelles elle a été élue. En Republika Srpska, le Conseil des peuples vient tout juste d’être constitué, mais ne fonctionne pas encore. De plus, l’Assemblée nationale de la RS n’a toujours pas nommé les membres de la Cour constitutionnelle, ce qui, du point de vue institutionnel, empêche le respect des droits nationaux vitaux de chacun des peuples constituants, tels qu’ils ont été définis par la Constitution .

Les auteurs du rapport donnent l’impression que tout cela laisse le Haut représentant parfaitement indifférent et qu’il ne semble guère intéressé à mettre fin à cette situation inconstitutionnelle, alors que cela devrait être l’une de ses principales préoccupations.

(Bosnia Daily, Sarajevo, 20 août 2003)

(Traduction de l’anglais - N.D)


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