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Résultats définitifs des élections

jeudi 19 octobre 2006


La Commission électorale centrale de BH a publié, le 18 octobre, les résultats définitifs des élections du 1° octobre, avec un retard de quelques jours qui a soulevé des doutes de la part de certains des partis en compétition. Ces résultats sont extrêmement proches de ceux qui été avaient annoncés une semaine auparavant.

Pour la Présidence tripartite de la Bosnie-Herzégovine, le représentant serbe, élu en RS, est donc Nebojsa Radmanovic (SNSD), avec 287.675 suffrages, soit 53,26 %, le représentant bosniaque , Haris Silajdzic (SBiH), avec 350.520 suffrages, soit 62,80 % et le représentant croate Zeljko Komsic (SDP), avec 116.062 suffrages, soit 39,56 %, ces deux derniers désignés dans la Fédération, les pourcentages s’appliquant aux voix recueillies respectivement par les candidats se déclarant bosniaques ou croates.

La répartition des mandats à la Chambre des représentants de Bosnie-Herzégovine est la suivante : SDA : 9 sièges, SBiH : 8, SNSD : 7, SDP : 5, HDZ : 3, SDS :3, HDZ dissident 2, 5 autres partis en obtenant chacun 1.

Celle à la Chambre de la Fédération indique que le SDA sera représenté par 28 députés, le SBiH par 24, le SDP par 17, le HDZ BH par 8 l’autre HDZ par 7, 14 sièges allant à 6 autres formations,dont 1 au SNSD.

L’Assemblé nationale de RS comportera 41 membres du SNSD, 17 du SDS, 8 du PDP et 17 de 6 autres groupes, parmi lesquels 8 du SBiH, du SDA et du SDP, dont les sièges sont à Sarajevo.

Le Président élu de la RS est Milan Jelic (SNSD) qui a recueilli 48,87 % des suffrages, les deux vice- présidents croate et bosniaque ayant réuni respectivement 0,83 % et 4,05 % des voix.

Les médias de BH s’accordent pour reconnaître que les 3 vainqueurs ont été le SNSD, le SDA et le SBiH. Le SDP a subi un échec certain, n’ayant pu résister à la vague nationaliste qui a dominé la campagne. Cette déconvenue est toutefois partiellement compensée par la préservation de sa municipalité de Tuzla et surtout par l’accès à la Présidence de Zelkjo Komsic, qui ouvre une alternative à la conception ethnique de la représentation du multinationalisme de la BH, ce qui suscite bien des remous dans les milieux politiques du pays. Le leadership de Zlatko Lagumdzija au sein de son parti se trouve une nouvelle fois mis en cause par ceux qui appellent à un renouvellement général des dirigeants ,particulièrement de ceux qui devraient incarner une autre approche de la politique et de l’avenir du pays.

Les élections passées et les résultats acquis, les problèmes de la Bosnie-Herzégovine restent entiers, ceux qui concernent son système institutionnel et politique demeurant au premier plan au détriment de tous les autres, économiques, sociaux, éducatifs , sociétaux,qui ont été négligés dans les affrontements électoraux et risquent de l’être encore longtemps.

Réunis à Luxembourg les 16 et 17 octobre, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne viennent de rappeler que la conclusion d’un Accord de stabilisation et d’association entre Bruxelles et Sarajevo restait subordonnée à la réorganisation de la police, parmi les autres réformes qui concernent notamment l’éducation et le système d’audiovisuel public, toujours en discussion et jamais réalisées. La réforme constitutionnelle demeure, elle aussi, à l’ordre du jour, car rien ne pourra avancer en BH sans un gouvernement central efficient, capable de s’engager et de diriger.

Tous ces sujets constituent autant d’obstacles à la formation de coalitions parlementaires et gouvernementales, tant leurs partenaires supposés continuent de maintenir des positions inconciliables. S’agissant de la réforme constitutionnelle, le Haut-Représentant Christian Schwarz-Schilling, a relancé l’idée que le paquet de réformes constitutionnelles rejeté en avril dernier pourrait être repris comme solution transitoire, suivie d’une nouvelle négociation, conduite sous l’égide de l’Union européenne, afin d’aligner les institutions bosniennes aux normes européennes en supprimant le droit de veto des entités pour le remplacer par d’autres moyens de défense des droits nationaux des citoyens. Cette proposition a été très mal reçue en RS.

Le même Conseil des ministres de l’Union européenne a entériné un rapport de Javier Solana sur le remplacement de la fonction de Haut-Représentant de la Communauté internationale en BH par celle de Représentant spécial de l’Union européenne. Toujours prévue pour le 30 juin 2007, cette substitution devra néanmoins être réexaminée par le PIC ( Conseil de mise en œuvre des accords de Dayton) au début de l’année 2007. Ce dernier se réunit par ailleurs dans les prochains jours à Sarajevo. Il ne fait pas de doute qu’une confirmation de ce changement, destiné à remettre le pouvoir aux autorités bosniennes en renforçant le rôle de conseilleur de l’Union européenne, dépendra de la conjoncture politique de l’ensemble de la région au lendemain de la fixation du statut définitif du Kosovo, c’est-à-dire de son indépendance, avec ses conséquences.

L’intervention de l’Union européenne en Bosnie-Herzégovine reste évidemment un facteur clé de l’évolution du pays. Les signaux qu’émettent les instances responsables de Bruxelles sont de ce point de vue inquiétants car contradictoires, les avertissements sur l’impossibilité de procéder à de nouveaux élargissements se mêlant aux promesses d’un avenir européen des Balkans, à un horizon indéterminé. Cette incertitude n’est pas de nature à conforter ceux, en Bosnie-Herzégovine notamment, qui s’efforcent de sortir le pays du cercle infernal d’oppositions nationales qui cachent mal des intérêts liés à la conquête ou la défense de positions génératrices de rentes de toutes sortes.

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