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Réforme de la police toujours bloquée en B.-H.

samedi 21 mai 2005


En visite à Sarajevo pour une réunion de travail, le directeur du bureau de l’Union européenne pour les Balkans occidentaux, Reinhardt Priebe, a confirmé, le 19 mai, que les négociations pour la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association entre l’Union européenne et la Bosnie-Herzégovine ne seraient pas engagées avant que ne soient réglés les problèmes de la réforme de la police et du régime de la radio-télévision en B.-H. Les partis nationalistes au pouvoir en RS demeurent vigoureusement opposés à ce que les limites des circonscriptions administratives de la police outrepassent celles des entités, y voyant une atteinte à l’intégrité de l’entité serbe. Le HDZ croate estime, pour sa part, que le projet de loi sur la RTV porte atteinte à la langue croate en Bosnie-Herzégovine.

Le Haut-Représentant Paddy Ashdown a rappelé les trois principes qui, selon l’Union européenne, devaient guider la réforme de la police : que les compétences législatives et budgétaires en la matière relèvent du niveau central de l’Etat, que les circonscriptions policières soient fonctionnelles, qu’il n’y ait pas d’interférence entre le police et la politique.

Ces trois exigences heurtent de front les conceptions des dirigeants de la RS en ce qu’elles dénient le caractère étatique de l’entité serbe, uniquement considérée comme une unité administrative dont les limites sont susceptibles de se combiner avec d’autres découpages territoriaux selon le domaine considéré, en l’occurrence celui de la police, si le fonctionnement de celle-ci le demande.

Dans sa déclaration du 19 mai, P. Ashdown affirme néanmoins qu’il n’est pas en son pouvoir d’imposer la réforme contre l’avis des autorités politiques en fonction, qu’il place devant leurs responsabilités.

Il semble ainsi tenir compte des critiques toujours grandissantes portées contre ses interventions dans la politique bosnienne, le dernier exemple venant d’une récente réunion de la commission des affaires étrangères du Parlement de B.-H., au cours de laquelle Zlatko Lagumdzija, dirigeant du SPD, principal parti de l’opposition, s’est montré particulièrement virulent à son égard.

Mais l’abstention du représentant de la communauté internationale ne suffirait pas à sortir la Bosnie de la crise permanente dans laquelle elle est plongée depuis que la guerre l’a détruite. L’Union européenne doit signifier clairement aux Bosniens de toute appartenance ce qu’ils peuvent attendre d’elle, pour que ceux-ci, à leur tour, parviennent à s’entendre sur les moyens de réaliser des objectifs bénéfiques pour tous. Vu l’état de l’opinion en France, sinon en Europe, il reste du chemin à faire sur cette voie, de même qu’il incombe aux responsables bosniens de donner des raisons communes d’espérer à leurs concitoyens, ce qui est aussi ardu.

Ces réformes de la police et de la radio-télévision lèveraient les derniers obstacles à l’ouverture des négociations sur un accord d’association et de stabilisation, qui ne serait que le prélude aux négociations à l’adhésion proprement dite, conditionnées elles-mêmes par l’arrestation des principaux inculpés par le TPI, Karadzic et Mladic. On sait que la non-arrestation de Gotovina bloque toujours l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne.

A ce propos, Carla Del Ponte vient de réitérer ses virulentes condamnations de toutes les autorités, internationales et locales, qui ont toléré et tolèrent toujours la fuite de ces trois criminels. Elle a annoncé qu’elle boycotterait les cérémonies de commémoration du massacre de Srebrenica si Mladic et Karadzic n’étaient pas arrêtés avant le 11 juillet.

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