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La BH après l’indépendance du Kosovo

mercredi 20 février 2008


Sans surprise, les réactions à la proclamation de l’indépendance du Kosovo ont été en RS les mêmes que celles observées en Serbie.Les trois principaux dirigeants de l’entité, le Premier ministre Milorad Dodik, le Président de la RS, Rajko Kuzmanovic et le Président de l’Assemblée Igor Radojcic l’ont immédiatement condamnée dans une déclaration commune, comme une "décision unilatérale prise en violation de la loi internationale et de la Charte des Nations Unies et un inacceptable acte de rupture de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Serbie, contre sa volonté et son ordre constitutionnel". L’Assemblé de la RS doit se réunir le 21 février pour définir sa position sur le sujet. Comme en Serbie et dans le nord du Kosovo, des manifestations ont éclaté, parfois accompagnées de violences contre les sièges de représentations internationales, notamment celles de la France et de l’Allemagne à Banja Luka,

Certaines organisations d’étudiants et d’anciens combattants, suivis par les partis SDS (fondé par Karadzic) et radical (homologue de celui de Seselj) poussent à l’organisation immédiate d’un référendum de séparation de la BH., réplique et symétrique de celle du Kosovo par rapport à la Serbie. Mais Milorad Dodik et les dirigeants de son parti SNSD sont beaucoup plus circonspects. Juridiquement, ce serait prendre pour acquise l’indépendance du Kosovo, alors que pour les Serbes elle n’existe pas, ayant été "annulée" par Belgrade. Et surtout,politiquement, ce serait heurter de front la "Communauté internationale" qui dénie tout lien entre le Kosovo et la BH et s’en tient à une application stricte des accords de Dayton qui interdisent la mise en cause de l’intégrité territoriale du pays. Toute la stratégie, au demeurant à ce jour payante, de Milorad Dodik, est de se poser en défenseur intraitable de ces accords qu’il interprète comme garants de la quasi-souveraineté de la RS. Il ne présente la sécession de la RS que comme une réponse à ce qu’il considèrerait comme une atteinte au statu quo et n’envisage de révision constitutionnelle que dans le sens d’une fédération avec droit de séparation des unités fédérées. L’indépendance du Kosovo lui offre l’occasion d’accentuer son chantage avec la formule "pourquoi eux (les Albanais du Kosovo) et pas nous (les Serbes de Bosnie) ?" reprise par tous les commentateurs de Serbie, de RS, mais aussi d’ailleurs, qui oublient ou feignent d’oublier les processus qui ont conduit aux situations actuelles du Kosovo et de la Bosnie-Herzégovine, affrontés l’un et l’autre à la volonté de domination et à la tentative de destruction de la part du régime de Milosevic appuyé par le nationalisme grand-serbe, qui ont finalement perdu leurs guerres.

Mais l’’impotence de l’Etat de BH se révèle une fois de plus dans l’impossibilité où il se trouve de prendre une décision relative au Kosovo, alors que tous les pays de l’ex-Yougoslavie, à l’exception évidente de la Serbie, s’apprêtent à reconnaître son indépendance dans des délais plus ou moins rapprochés. Pour éviter d’ouvrir une crise supplémentaire qui ne mènerait à rien, les membres croate et bosniaque de la Présidence collégiale, Zeljko Komsic et Haris Silajdzic, ont prudemment déclaré que la question n’était pas à l’ordre du jour. C’est la réforme de la police qui occupe encore le terrain avec la prochaine discussion parlementaire d’un projet qui rencontre toujours l’opposition du SDA, l’un des principaux partis bosniaques de la majorité.

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