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L’Union européenne et les criminels de guerre

jeudi 2 février 2006


Le nouveau Haut-Représentant Christian Schwarz-Schilling a marqué, le 31 janvier, sa prise de fonction par plusieurs déclarations, dont une adressée à la télévision à tous les citoyens bosniens, en réitérant son intention de donner la priorité dans son action à l’adhésion de la Bosnie-Herzégovine à l’Union européenne et à l’ensemble des structures euro-atlantiques.

C’est en insistant avec force et une fois plus sur l’efficacité de la pression que constitue, pour les pays de la région, la menace d’interrompre le processus d’adhésion à l’UE, que Carla del Ponte vient de réclamer que la diplomatie européenne intervienne auprès des autorités serbes pour qu’elles arrêtent et transfèrent à La Haye Karadzic et Mladic. Elle a clairement exposé sa position dans l’interview qu’elle a accordée au Figaro du 31 janvier, dénonçant le fait que « l’Union européenne négocie aujourd’hui avec un pays qui cache des génocidaires », ajoutant : « Veut-elle se donner les moyens de mettre un terme à cette situation ? ». Sans donner plus de précisions, elle a indiqué que certains pays de l’UE sont réticents à exercer la pression nécessaire sur Belgrade : « Ils veulent amadouer Belgrade pour obtenir des concessions de la part des autorités serbes sur d’autres dossiers, le Kosovo ou le Monténégro ».

La réponse officielle du gouvernement français à la demande de la Procureure en chef du TPI peut se résumer dans cet extrait de la déclaration de la Ministre déléguée aux Affaires européennes, Catherine Colonna, lors de son point de presse conjoint avec Carla del Ponte, du 27 janvier : « La Serbie-Monténégro doit faire tous ses efforts et tout son possible pour parvenir maintenant à l’arrestation des criminels de guerre qui sont recherchés, qui sont encore en fuite. Au moment où l’UE engage la négociation d’un accord de stabilisation et d’association, c’est un message qu’il faut répéter, un message que la Serbie-Monténégro doit comprendre ».

Les Ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Bruxelles le 31 janvier, ont semblé vouloir durcir le ton à l’égard de Belgrade en demandant à la Serbie de « prendre des mesures décisives » pour arrêter les fugitifs et en rappelant que la « coopération pleine et entière » avec le TPI était « indispensable » à la poursuite des négociations pour la signature d’un accord de stabilisation et d’association. Mais ils n’ont pas réellement mis la Serbie au pied du mur.

Certains observateurs veulent voir dans l’arrestation en Serbie de l’ancien colonel de l’Armée serbe de Bosnie, Jovo Djogo, soupçonné d’être une pièce maîtresse de la protection dont jouit Mladic, un pas en avant de la part de Belgrade, ce que d’autres, comme Natasa Kandic, contestent, n’y décelant qu’un simulacre de plus. Le Ministre des Affaires étrangères de Serbie-Monténégro, Vuk Draskovic, a quant à lui mis en garde contre une pression excessive sur la Serbie à propos du Kososvo et de Mladic, susceptible, selon ses dires, d’ « humilier le peuple serbe » et d’encourager en son sein le nationalisme extrémiste...

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